Troisième Evêque dans le diocèse de Kpalimé

Né le 16 novembre 1967 à Agou-Akoumahou, le nouvel évêque a effectué ses études de philosophie et de théologie au Grand Séminaire Saint-Jean-Paul II de Lomé. Ordonné prêtre le 28 décembre 1996 pour le diocèse de Kpalimé, il a commencé son ministère comme vicaire paroissial à la cathédrale Saint-Esprit de Kpalimé et enseignant de religion au Collège polyvalent de la ville.

Poursuivant sa formation, il obtient un baccalauréat en théologie à Abidjan, effectue des études en dialogue interreligieux à Rome, puis décroche un doctorat en liturgie à l’Athénée pontifical Saint-Anselme.

À son retour, le Père Amekuse enseigne la liturgie au Grand Séminaire Saint-Jean-Paul II de Lomé, où il exerce également la fonction de formateur. Il occupe ensuite les postes d’aumônier et de secrétaire général de l’UCAO au Togo avant d’être nommé, en 2023, Secrétaire général de l’UCAO à Ouagadougou.

Par cette nomination, le Pape confie au nouveau prélat la responsabilité de conduire le diocèse de Kpalimé dans la poursuite de sa mission d’évangélisation. Les fidèles sont invités à accompagner de leurs prières le ministère de Mgr Edmond Yawo Amekuse, tout en rendant grâce pour le service pastoral accompli par Mgr Benoît Comlan Messan Alowonou.

P. Armando TchaèSama WAKIOU, CSSpSource : Salle de presse du Saint-Siège.

Voyage Apostolique du Pape Léon XIV

EN ESPAGNE

6 – 12 Juin 2026

Madrid  •  Barcelone  •  Îles Canaries

« Levez les yeux »

— Jn 4, 35 —

Introduction

Du 6 au 12 juin 2026, le pape Léon XIV a effectué son quatrième voyage apostolique hors d’Italie, choisissant l’Espagne comme destination. Invité par le roi Felipe VI et l’épiscopat espagnol, ce voyage s’est articulé autour de trois grandes étapes : Madrid, Barcelone et les îles Canaries. La devise retenue pour ce périple — « Levez les yeux », tirée de l’Évangile selon saint Jean (Jn 4, 35) — était une invitation à dépasser les préoccupations du quotidien pour redécouvrir la présence de Dieu et s’ouvrir aux autres.

Ce voyage revêtait un caractère à la fois pastoral, institutionnel et social. Il a conduit le Souverain Pontife au cœur des grandes problématiques contemporaines : jeunesse, migration, dialogue avec les autorités civiles, et expression de la foi dans un pays à forte tradition catholique mais traversé par de profondes mutations sociales.

Première étape : Madrid (6 – 9 juin)

[ Photo : Cérémonie de bienvenue au Palais Royal avec le Roi Felipe VI et la Reine Letizia ]

Une visite d’État solennelle

Arrivé le samedi 6 juin à l’aéroport international Adolfo Suárez Madrid-Barajas, le pape Léon XIV a été accueilli avec tous les honneurs au Palais Royal de Madrid. La cérémonie solennelle de bienvenue en présence du roi Felipe VI et de la reine Letizia a conféré à cette visite le caractère d’une véritable visite d’État. Si les relations de l’Église catholique avec la Couronne espagnole demeurent excellentes, celles avec le gouvernement de Pedro Sánchez se révèlent nettement plus tendues, notamment sur les questions de l’euthanasie et du suicide médicalement assisté, légalisés en 2021.

Rencontres avec la société civile et les jeunes

Dans l’après-midi du 6 juin, Léon XIV s’est rendu au Centre d’information et d’accueil pour visiter les responsables et bénéficiaires du projet social « CEDIA 24 horas », témoignant de l’attention constante de l’Église aux plus vulnérables. Il a offert à ce projet l’icône « Le Christ, Visage de l’Amour ». La journée s’est conclue par une veillée de prière avec les jeunes sur la Plaza de Lima, moment de ferveur intense.

Le discours historique devant les Cortes

L’un des moments les plus marquants de l’étape madrilène fut sans conteste le discours prononcé par le Pape devant les Cortes (le Parlement espagnol). Ce discours, qualifié d’historique par la presse, fut salué par sept minutes de standing ovation. Léon XIV y a notamment appelé à ne pas attiser les tensions politiques et à promouvoir l’unité nationale, s’érigeant en voix de réconciliation dans un pays traversé par de vives divisions.

Messe sur la Plaza Mayor et autres temps forts

Le dimanche 7 juin, Léon XIV a présidé une messe solennelle en plein air. Les journées à Madrid ont également permis au Pape de rencontrer des bénévoles et de visiter des lieux emblématiques de la capitale. Le mardi 9 juin, il a quitté Madrid en direction de Barcelone pour la deuxième étape de son voyage

Deuxième étape : Barcelone (9 – 11 juin)

L’apôtre de la réconciliation catalane

Arrivé à Barcelone le mardi 9 juin, le pape Léon XIV y a accompli un geste remarqué : s’adresser à la foule en catalan. Dans cette région au fort sentiment nationaliste, ce choix linguistique a été perçu comme un signe d’ouverture et de respect. Le Pape a prêché l’espérance dans la nuit lors d’une veillée de prière au Stade olympique.

La Sagrada Família : temps fort du voyage

Le point culminant de ce voyage fut incontestablement la visite à la basilique de la Sagrada Família, le 10 juin 2026, jour du centenaire de la mort de son architecte, Antoni Gaudí. Léon XIV est devenu le troisième pape à visiter ce chef-d’œuvre du modernisme, après Jean-Paul II (1982) et Benoît XVI (2010). En présence du roi Felipe VI et de la reine Letizia, il a célébré la messe et procédé à l’inauguration et à la bénédiction de la plus haute tour de la basilique, faisant de la Sagrada Família l’église la plus haute du monde.

Antoni Gaudí, fervent catholique, avait été déclaré « vénérable » l’année précédente — étape préalable à sa béatification. Dans son homélie, le Pape a lancé un appel fort contre la guerre : « Nous ne pouvons pas croire en Jésus et promouvoir la guerre », des mots qui ont résonné dans toute l’Espagne et au-delà.

Engagement social et clins d’œil au Mondial

Avant la soirée à la Sagrada Família, Léon XIV s’est rendu dans le quartier populaire du Raval pour une rencontre sociale. À la veille du début de la Coupe du Monde de football, il a lancé un appel symbolique à « jouer en équipe » dans la vie comme sur les pelouses, suscitant l’enthousiasme des Barcelonais. Il a également rencontré les organismes caritatifs diocésains de Barcelone, soulignant l’engagement de l’Église

Troisième étape : Les Îles Canaries (11 – 12 juin)

Un archipel symbole de la crise migratoire

Pour la dernière étape de son voyage, le Pape s’est rendu sur l’archipel des Canaries, situé au large du Maroc. Léon XIV est devenu le deuxième évêque de Rome à visiter cet archipel après saint Jean-Paul II en 1982. Il a visité Las Palmas de Gran Canaria et Santa Cruz de Tenerife.

Cette étape était chargée d’une symbolique humanitaire forte. Les Canaries, bien que région touristique, sont les plus pauvres d’Espagne et constituent l’un des principaux points d’entrée pour les migrants africains tentant de rejoindre l’Europe. Depuis 2020, des dizaines de milliers de personnes venues d’Afrique tentent chaque année la traversée périlleuse d’une centaine de kilomètres sur des embarcations de fortune. Rien que durant la première moitié de 2025, près de 2 000 personnes avaient péri en mer. En se rendant aux Canaries, Léon XIV s’inscrivait dans la continuité de son prédécesseur le pape François, qui avait à plusieurs reprises exprimé le souhait de visiter cet archipel sans jamais y parvenir. Le Souverain Pontife a ainsi rendu un hommage solennel aux milliers de migrants morts en mer, réaffirmant avec force la défense de la dignité humaine et l’impératif de solidarité internationale

Conclusion

Ce quatrième voyage apostolique de Léon XIV aura été une démonstration éclatante de la vitalité de l’Église catholique en Espagne et de l’engagement du Souverain Pontife sur les grands défis de notre temps : la paix, la fraternité, l’accueil des migrants et la transmission de la foi aux nouvelles générations.

De la solennité des Cortes à la spiritualité de la Sagrada Família, en passant par l’émotion des rivages canariens, la devise « Levez les yeux » a résonné comme un appel universel à transcender les divisions humaines pour retrouver l’essentiel. Ce voyage laissera sans aucun doute une empreinte durable dans l’histoire de l’Église et de l’Espagne.

Prise de Possession Canonique de Mgr Isaac Jogue GAGLO

 

 

Liturgie & Droit Canon

La Prise de Possession Canonique d’un Archevêque

Quand un métropolitain entre dans son archidiocèse et s’assoit sur la cathèdre — geste millénaire chargé de sens spirituel et juridique.

Catégorie Vie de l’Église
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Droit Canon can. 382
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Lorsque le Pape nomme un archevêque à la tête d’un archidiocèse, la nomination seule ne suffit pas à lui conférer le gouvernement effectif de sa province ecclésiastique. Il lui faut accomplir un acte précis, solennel et public : la prise de possession canonique. C’est à la fois un rite juridique de premier rang et une grande fête de l’Église locale et régionale.

ÉTAPE I

La Lecture des Bulles Pontificales

Tout commence par un acte strictement juridique : la lecture publique des bulles apostoliques — la lettre officielle par laquelle le Pape nomme l’archevêque à la tête de l’archidiocèse. Ce document est lu par le chancelier du diocèse ou un notaire ecclésiastique, généralement à l’entrée de la cathédrale ou en début de célébration.

C’est cet acte, plus que tout autre, qui fonde canoniquement la prise de possession. La cérémonie qui suit en est la célébration solennelle et festive.

Le Code de Droit Canon (can. 382) précise qu’un évêque nommé ne peut s’ingérer dans l’exercice de son office avant d’avoir pris possession canonique de son diocèse.

ÉTAPE II

L’Accueil Solennel aux Portes de la Cathédrale

Le nouvel archevêque est accueilli aux portes de sa cathédrale par le clergé de l’archidiocèse, les représentants des fidèles et souvent les autorités civiles. Ce moment est chargé d’une symbolique d’Alliance : le peuple reçoit son pasteur, et le pasteur entre dans sa famille.

  • Remise symbolique des clés de la cathédrale dans certains diocèses
  • Aspersion d’eau bénite et vénération de la croix
  • Échange de salutations avec les représentants du presbyterium

ÉTAPE III

La Procession d’Entrée et le Te Deum

L’archevêque entre ensuite solennellement dans sa cathédrale métropolitaine, accompagné des prêtres, diacres et évêques invités. L’assemblée entonne fréquemment le Te Deum, ce cantique d’action de grâce de l’Église depuis les premiers siècles, exprimant la joie de la communauté pour ce don reçu.

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ÉTAPE IV

La Liturgie de la Parole

La messe se déroule selon le rite ordinaire, avec des lectures choisies en lien avec la mission épiscopale et métropolitaine — souvent le passage du Bon Pasteur (Jn 10) ou l’envoi des apôtres.

L’homélie est un moment particulièrement attendu : c’est la première prise de parole publique de l’archevêque devant son peuple. Il y présente sa vision pastorale, son engagement et son cœur de pasteur.

ÉTAPE IV-B

Le Pallium — Insigne Propre au Métropolitain

Ce qui distingue fondamentalement la prise de possession d’un archevêque métropolitain de celle d’un simple évêque, c’est le pallium. Cette bande de laine blanche ornée de croix noires, tirée de la laine d’agneaux bénis le jour de la fête de sainte Agnès, est le symbole par excellence de l’autorité métropolitaine.

Le pallium est remis par le Pape lui-même — ou en son nom — lors d’une cérémonie distincte à Rome, généralement le 29 juin (fête des saints Pierre et Paul). Il est ensuite imposé solennellement lors de la prise de possession canonique dans l’archidiocèse, souvent par le légat pontifical ou un cardinal délégué.

Sans le pallium, l’archevêque métropolitain ne peut exercer pleinement les fonctions liées à sa dignité métropolitaine. Il est le signe visible du lien de communion avec le Successeur de Pierre.

  • Le pallium est porté sur la chasuble lors des célébrations solennelles dans la province
  • Il symbolise la charge du bon pasteur qui porte la brebis perdue sur ses épaules
  • Il est inséparable de la personne de l’archevêque : il est enterré avec lui à sa mort

ÉTAPE V — CENTRALE

L’Intronisation sur la Cathèdre

Voici le geste canonique et symbolique le plus fort de toute la cérémonie. L’archevêque est conduit à la cathèdre — le siège épiscopal —, et il s’y assoit. C’est de ce siège que vient le mot « cathédrale » : l’église qui contient la chaire de l’évêque.

En s’asseyant sur la cathèdre, l’archevêque devient officiellement archevêque métropolitain. Il reçoit là l’autorité d’enseigner, de sanctifier et de gouverner son archidiocèse, ainsi que la responsabilité de veiller sur les diocèses suffragants de sa province ecclésiastique. Ce geste résume à lui seul toute la prise de possession.

Dans certains instituts, on lui remet également la crosse et on lui impose la mitre si ce n’est déjà fait lors de son ordination épiscopale.

ÉTAPE VI

La Liturgie Eucharistique

Pour la première fois à la tête de son archidiocèse, l’archevêque préside l’Eucharistie. Ce moment scelle l’union entre le pasteur et son peuple dans le Corps du Christ. La prière universelle inclut des intentions pour le nouvel archevêque, l’archidiocèse, les diocèses suffragants, les prêtres et le monde entier.

ÉTAPE VII

La Bénédiction Solennelle et l’Envoi

La célébration s’achève par une bénédiction archiépiscopale solennelle donnée à l’ensemble de la province ecclésiastique — parfois accompagnée d’une indulgence plénière. L’archevêque bénit son peuple pour la première fois en tant que métropolitain, geste inaugural d’un ministère qui commencera véritablement le lendemain.

  • Bénédiction solennelle urbi et orbi du diocèse
  • Rencontre avec les prêtres, diacres, religieux et laïcs engagés
  • Parfois, réception officielle avec les autorités civiles et ecclésiastiques

À retenir

La prise de possession canonique d’un archevêque est bien plus qu’une formalité administrative. Elle marque l’entrée solennelle d’un métropolitain dans une charge qui dépasse le seul archidiocèse : il reçoit la responsabilité de toute une province ecclésiastique, lien vivant entre Rome et les Églises locales. La lecture des bulles en fonde la légitimité canonique ; l’intronisation sur la cathedra en accomplit le geste essentiel. Tout le reste est la fête de l’Église qui accueille son nouveau pasteur.

 

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